Chirurgies : plus de 500 millions $ « dorment » pour le rattrapage
Québec tarde à dépenser des sommes importantes mises de côté ces dernières années à même l’enveloppe budgétaire globale des médecins spécialistes. Selon nos informations, moins de 1 million de dollars ont été dépensés à ce jour pour le rattrapage des interventions chirurgicales. Comme l’explique le directeur des affaires professionnelles à la FMSQ, le Dr Rafik Ghali, En principe, cet argent sert à payer, par exemple, des heures supplémentaires à des infirmières et à des inhalothérapeutes, ou à rouvrir des blocs opératoires, explique le Dr Ghali. Le Dr Rafik Ghali, directeur des affaires professionnelles à la FMSQ Photo : Radio-Canada L’an dernier, par exemple, environ 30 % des 563 salles d’opération du réseau public ont été fermées, selon les données de l’Institut de la pertinence des actes médicaux (IPAM). Depuis la fin de la pandémie, le nombre total de patients en attente d’une chirurgie demeure au-dessus de 150 000. On craint que le gouvernement utilise ces sommes-là pour éponger ses déficits informatiques. On va le dire gentiment. Dans un recours déposé auprès du Conseil de règlement, la FMSQ soutient que À Santé Québec, on rappelle que le rattrapage des chirurgies demeure une priorité et que l’objectif est de faire fondre la liste des patients qui attendent depuis plus d’un an d’ici 2027. Au mois de janvier, Santé Québec, médecins et infirmières se disaient d’accord pour mettre en place En parallèle, des négociations parfois tendues se poursuivent pour le renouvellement de l’entente globale de rémunération. L’offre présentée aux syndicats de médecins par le Conseil du Trésor ces dernières semaines prévoit de consacrer jusqu’à 25 % de l’enveloppe budgétaire globale actuelle à la performance. Julie Bouchard est présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers À la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), la présidente Julie Bouchard rappelle pour sa part qu’une enveloppe de 60 millions a été accordée lors de la dernière négociation collective pour les infirmières travaillant dans les blocs opératoires au-delà de la période normale d'activités chirurgicales. 60 millions dorment dans un coffre, les patientes et les patients attendent. Et le gouvernement, lui? Il commence ses vacances estivales. C’est honteux! Son de cloche similaire du côté de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), qui dispose d’une clause similaire pour ses membres. Plus tôt cette semaine, une compilation inédite de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a révélé que le pourcentage de patients au Québec qui ont subi une arthroplastie du genou dans le délai recommandé de 26 semaines, soit six mois, a chuté de 72 % en 2019 à 38 % en 2024. Son de cloche similaire pour une arthroplastie de la hanche : le pourcentage de patients du Québec qui ont subi une chirurgie dans le délai recommandé est passé de 76 % en 2019 à 49 % en 2024. En quelques années, le Québec est ainsi passé respectivement aux 7e et 8e rangs en ce qui concerne les délais d'attente pour ces opérations, alors qu’il figurait dans la moyenne canadienne en 2019. L'Ontario demeure le meilleur élève. En mi-journée vendredi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a réagi en qualifiant les affirmations de la FMSQ de le ministère nous a demandé quatre fois de faire un plan de rattrapage chirurgical et on a alloué 475 millions à ça
.
Pour moi, c'est assez clair, la machine [gouvernementale] a demandé à Santé Québec de couper des milliards de dollars [...]. Je ne voudrais pas être à sa place
, indique le directeur de la FMSQ.près de 1 milliard de dollars consentis par la FMSQ dorment dans les coffres du gouvernement
.Des échanges sont en cours entre l’IPAM, la FMSQ, le MSSS et Santé Québec au sujet de l’utilisation des sommes allouées au rattrapage des activités chirurgicales
, écrit un porte-parole.un plan de match
afin de dépenser dès que possible le fonds de 475 millions de dollars mis de côté pour le rattrapage de milliers d'opérations en attente.
Honteux
, dit la FIQMalgré nos relances répétées au cours des six derniers mois, nous attendons toujours une réponse du gouvernement quant à ses intentions de s’attaquer réellement aux longues listes d’attente en chirurgie
, affirme Mme Bouchard, dont le mandat à la présidence a été renouvelé récemment.Le gouvernement, avec son opérateur du réseau Santé Québec, ne manque pas d’argent pour privatiser les soins de santé des Québécoises et des Québécois, mais refuse jusqu’à maintenant de respecter la lettre d’entente qu’il a signée avec les professionnelles et les professionnels de la santé du secteur public
, affirme sa présidente, Isabelle Dumaine. Le voir dérouler le tapis rouge, c’est sidérant!
Des affirmations
totalement inexactes
, dit Dubétotalement inexactes
. Nous sommes actuellement en négociation et Santé Québec poursuit les efforts pour ouvrir plus de salles dans les blocs opératoires. Priorisons l’intérêt des patients qui attendent impatiemment d’être opérés
, a-t-il ajouté.
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